Comment se déroule un examen podologique clinique : les 6 étapes essentielles

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Le 12 novembre 2025
Comment se déroule un examen podologique clinique : les 6 étapes essentielles
Découvrez les 6 étapes de l'examen podologique clinique : anamnèse, inspection, analyse posturale et tests dynamiques expliqués

Saviez-vous que 75% des Français souffrent de douleurs aux pieds au moins une fois dans leur vie, mais que seulement 20% consultent un podologue ? Cette méconnaissance du déroulement d'un bilan podologique génère souvent une appréhension injustifiée qui retarde la prise en charge. Pourtant, comprendre précisément ce qui vous attend lors de cet examen permet d'optimiser votre consultation et d'obtenir un diagnostic plus précis. Fort de son expertise à Villejust, Jean DIAS ALVES vous guide à travers les différentes étapes de l'examen clinique podologique pour démystifier cette consultation essentielle à votre bien-être.

  • L'anamnèse podologique doit systématiquement inclure l'évaluation de vos traitements médicamenteux (anticoagulants et corticoïdes notamment) car ils modifient la cicatrisation et contre-indiquent certains soins podologiques
  • Le test de Jack (dorsiflexion passive du gros orteil) permet de prédire avec précision l'efficacité future des orthèses plantaires en évaluant la fonction de votre fascia plantaire
  • L'analyse du temps de contact au sol (normal : 0,6-0,8 secondes) et du pourcentage de double appui (normal : 12-18% du cycle) révèle objectivement les boiteries compensatrices invisibles à l'œil nu
  • Les orthèses plantaires nécessitent impérativement une adaptation progressive sur 2 semaines (augmentation de 2 heures par jour) pour éviter les douleurs d'adaptation

L'anamnèse podologique : première étape cruciale de votre examen

Lorsque vous franchissez la porte du cabinet, la première phase de l'examen podologique clinique consiste en un interrogatoire médical approfondi d'une durée de 15 à 20 minutes. Cette anamnèse podologique permet au praticien de recueillir systématiquement vos antécédents médicaux et chirurgicaux, ainsi que ceux de votre famille, notamment concernant le diabète ou les pathologies rhumatismales. L'évaluation minutieuse de vos traitements médicamenteux en cours s'avère particulièrement cruciale, car les anticoagulants et corticoïdes modifient significativement les processus de cicatrisation et peuvent contre-indiquer certains soins podologiques invasifs.

Durant cette phase essentielle, vous serez invité à décrire précisément vos douleurs en utilisant l'échelle EVA (Échelle Visuelle Analogique) graduée de 1 à 10. Cette quantification objective permet d'établir un point de référence pour évaluer ultérieurement l'efficacité du traitement. Le podologue analysera également vos examens complémentaires existants - radiographies, IRM ou scanners - pour avoir une vision globale de votre situation.

L'interrogatoire explore méthodiquement votre environnement quotidien : vos activités professionnelles, vos postures de travail habituelles, vos pratiques sportives et leur intensité. Le type de chaussage que vous portez régulièrement fait l'objet d'une attention particulière, car il influence directement votre démarche pathologique potentielle. D'ailleurs, il est recommandé d'apporter vos trois paires de chaussures les plus utilisées pour permettre une analyse comparative de leur usure (une mesure de l'usure asymétrique supérieure à 2mm révèle des dysfonctions biomécaniques significatives).

L'importance du lien entre douleur et environnement

Le praticien établit systématiquement une corrélation entre vos symptômes et votre mode de vie. Par exemple, une douleur au talon chez un coureur régulier orientera vers une analyse spécifique de sa technique de course, tandis qu'une métatarsalgie chez une personne portant fréquemment des talons hauts nécessitera une évaluation différente.

Cette phase d'anamnèse permet également d'identifier les facteurs intrinsèques (comme une prédisposition génétique aux pieds plats) et extrinsèques (tel qu'un chaussage inadapté) à l'origine de vos troubles. La tenue préalable d'un carnet de douleur sur sept jours, mentionnant la localisation, l'intensité et les horaires d'apparition des symptômes, optimise considérablement cette étape diagnostique.

À noter : Pour les patients de plus de 50 ans ou les fumeurs, une évaluation vasculaire podologique systématique est réalisée par palpation des pouls pédieux et tibiaux postérieurs. Cette évaluation permet de détecter précocement une artériopathie périphérique, pathologie fréquente mais souvent asymptomatique dans ses stades initiaux. Cette évaluation est toutefois contre-indiquée en cas d'infection locale active.

L'inspection visuelle et l'examen morphologique : décrypter la structure de vos pieds

Après l'interrogatoire, le podologue procède à un examen morphologique minutieux. Cette inspection visuelle débute par l'observation de votre posture globale en position debout, permettant d'identifier d'éventuelles asymétries des épaules ou des hanches, signes révélateurs de compensations posturales. Un bilan postural global avec fil à plomb peut être réalisé pour évaluer précisément les déviations vertébrales influençant l'appui plantaire (particulièrement nécessaire en cas de douleurs rachidiennes associées, mais contre-indiqué si vous ne pouvez maintenir une station debout prolongée).

L'examen se poursuit en position allongée pour réaliser une palpation méthodique. Cette technique permet de localiser précisément les structures douloureuses, qu'elles soient cutanées, musculaires ou articulaires. Le praticien évalue la texture de votre peau, recherche d'éventuels points de pression anormaux et teste la sensibilité de différentes zones.

Les mesures anthropométriques constituent une étape clé de cet examen. À l'aide d'un goniomètre, instrument de mesure des angles articulaires, le podologue quantifie précisément la mobilité articulaire de vos chevilles, de vos orteils et de l'ensemble du pied. Ces mesures objectives permettent de détecter des limitations fonctionnelles parfois imperceptibles à l'œil nu.

Exemple pratique : Madame Dupont, 58 ans, diabétique de type 2 depuis 10 ans, consulte pour des sensations de brûlures plantaires. Lors de l'examen neurologique spécialisé, le test au monofilament de Semmes-Weinstein révèle une perte de sensibilité sur 3 des 10 points testés au niveau de l'avant-pied. Cette neuropathie périphérique débutante, typique du diabète, nécessite une surveillance podologique trimestrielle et la prescription d'orthèses de décharge spécifiques pour prévenir l'apparition d'ulcères plantaires. Le test au monofilament, indispensable chez tous les patients diabétiques, est toutefois contre-indiqué en présence de plaies ouvertes.

Les tests musculaires spécifiques pour un diagnostic affiné

Les tests musculaires complètent cette phase d'examen. Le praticien évalue la force de différents groupes musculaires en vous demandant de résister à des mouvements spécifiques. Par exemple, la résistance à la flexion dorsale du pied teste le muscle tibial antérieur, tandis que la résistance à l'éversion sollicite les muscles péroniers. Le test de Jack, consistant en une dorsiflexion passive du gros orteil, revêt une importance particulière car il évalue la fonction du fascia plantaire et permet de prédire avec précision l'efficacité des futures orthèses plantaires.

Cette évaluation musculaire révèle souvent des déséquilibres insoupçonnés. Un déficit du muscle tibial postérieur peut ainsi expliquer un affaissement progressif de la voûte plantaire, tandis qu'une faiblesse des muscles intrinsèques du pied contribue fréquemment aux déformations des orteils.

L'analyse posturale statique : comprendre votre équilibre au repos

L'analyse posturale statique constitue la troisième phase de l'examen podologique clinique. Cette étape utilise des technologies modernes pour objectiver votre posture et la répartition de vos appuis plantaires. Le podoscope à LED, appareil totalement indolore et sans rayonnement, permet de visualiser instantanément votre empreinte plantaire par réfraction lumineuse.

Sur cet appareil, vous vous tenez debout pendant que le praticien analyse la morphologie de vos pieds : hauteur de la voûte plantaire, largeur de l'isthme (partie médiane du pied), et répartition des zones d'appui. Cette analyse permet de classifier votre type morphologique - pieds plats, creux ou normaux - et de quantifier d'éventuelles déviations de l'arrière-pied en valgus ou varus. La mesure de l'angle de Djian-Annonier, normalement compris entre 120 et 125 degrés, quantifie objectivement la hauteur de votre arche longitudinale médiale et constitue une référence précieuse pour le suivi évolutif.

La baropodométrie statique représente l'évolution technologique de cette analyse. Les plateformes électroniques modernes, comme le système Win-Pod, enregistrent pendant 30 secondes à une fréquence de 50 Hz la répartition précise des pressions sous vos pieds. Cette cartographie colorimétrique révèle les zones de surpression, souvent à l'origine de douleurs ou de callosités.

L'évaluation de la stabilité et de l'équilibre

Durant cette phase statique, le podologue évalue également votre stabilité et votre équilibre. Des tests spécifiques, comme le maintien sur un pied les yeux fermés, permettent d'apprécier votre proprioception, c'est-à-dire la perception inconsciente de la position de votre corps dans l'espace.

Ces tests révèlent parfois des déficits proprioceptifs suite à des entorses anciennes ou des pathologies neurologiques débutantes. La plateforme baropodométrique enregistre les oscillations de votre centre de masse, fournissant des données objectives sur votre stratégie d'équilibration.

Conseil pratique : Si vous souffrez de tendinopathies récurrentes (tendinite d'Achille, aponévrosite plantaire), demandez à bénéficier d'une échographie musculo-tendineuse durant votre bilan podologique complet. Cette imagerie en temps réel permet de visualiser l'épaississement tendineux, les zones d'hypervascularisation et les éventuelles ruptures partielles. Seule contre-indication : la présence de matériel métallique implanté dans la zone à examiner.

Les tests dynamiques : analyser votre marche en mouvement

L'analyse dynamique représente certainement la phase la plus révélatrice de l'examen podologique clinique. Le protocole "Two Step" sur plateforme dynamique nécessite au minimum cinq passages pour obtenir des données fiables. Cette répétition permet d'analyser avec précision les trois phases du cycle de marche : la phase taligrade (attaque du talon), plantigrade (pied à plat) et digitigrade (propulsion par les orteils). L'analyse fine du temps de contact au sol (normalement compris entre 0,6 et 0,8 secondes) et du pourcentage de double appui (12 à 18% du cycle en conditions normales) permet de détecter objectivement les boiteries compensatrices, même les plus subtiles.

L'analyse vidéo sur tapis roulant, réalisée à 120 images par seconde, offre un découpage extrêmement précis de votre démarche. Cette technologie permet d'identifier des anomalies subtiles invisibles à l'œil nu : une pronation excessive durant la phase d'appui, une supination compensatrice, ou encore une asymétrie dans la longueur de vos foulées.

Les semelles embarquées de type F-Scan®, véritables laboratoires miniaturisés, enregistrent les pressions plantaires à 300 Hz pendant 45 secondes en condition réelle de marche. Cette photographie clinique dynamique de vos appuis révèle les compensations musculaires que votre corps met en place pour maintenir l'équilibre durant la locomotion.

L'analyse comparative pour un diagnostic précis

L'analyse comparative entre la marche pieds nus et chaussé apporte des informations cruciales. Certaines compensations n'apparaissent qu'en présence de chaussures, révélant l'influence du chaussage sur votre biomécanique. L'inspection minutieuse de vos chaussures - usure du talon supérieure à 30%, déformation de la tige - guide le choix des futures corrections orthétiques.

La flexibilité de votre démarche est également évaluée lors de tests spécifiques : marche sur la pointe des pieds, sur les talons, ou en tandem (un pied devant l'autre). Ces variations permettent d'isoler le fonctionnement de groupes musculaires spécifiques et de détecter d'éventuelles faiblesses ou raideurs.

Exemple concret : Monsieur Martin, marathonien de 42 ans, présente des douleurs récurrentes au genou droit. L'analyse dynamique révèle un temps de contact au sol de 0,92 secondes côté droit contre 0,71 secondes côté gauche, avec un pourcentage de double appui atteignant 23%. Ces valeurs anormales traduisent une boiterie d'esquive compensatrice. L'examen de ses chaussures de course montre une usure asymétrique de 3,5mm au niveau du talon droit, confirmant une surcharge mécanique. La prescription d'orthèses correctrices avec coin supinateur de 3° permet de rééquilibrer sa foulée et de réduire les contraintes sur le genou.

La synthèse du diagnostic podologique : comprendre vos résultats

Après ces différentes phases d'examen, le podologue procède à la corrélation de l'ensemble des données recueillies pour établir un diagnostic podologique précis. Cette synthèse identifie généralement trois types de dysfonctions : biomécaniques (représentant 85% des cas), neurologiques (10%) ou vasculaires (5%). Les pathologies vasculaires nécessitent une réorientation médicale immédiate vers un spécialiste approprié.

Le compte-rendu détaillé de l'examen vous est expliqué de manière claire et accessible. Le praticien utilise des schémas, des images de vos empreintes et les graphiques baropodométriques pour vous faire comprendre l'origine de vos douleurs et les mécanismes compensatoires mis en place par votre corps.

Cette phase pédagogique est essentielle car elle vous permet de comprendre le lien entre les dysfonctions identifiées et leurs répercussions sur l'ensemble de votre appareil locomoteur : genoux, hanches, dos. Par exemple, un pied plat valgus peut être à l'origine de douleurs lombaires par modification de l'alignement global du corps.

Les propositions thérapeutiques : vers une prescription orthétique personnalisée

Sur la base du diagnostic établi, le podologue élabore une prescription orthétique personnalisée. Pour les troubles biomécaniques, les semelles orthopédiques représentent le traitement de première intention. Ces dispositifs médicaux sur mesure sont conçus selon trois types de corrections principales :

  • Les corrections proprioceptives utilisant des fibres de carbone pour stimuler les récepteurs sensoriels
  • Les corrections d'appui avec des mousses EVA de différentes densités pour redistribuer les pressions
  • Les corrections posturales intégrant des coins résinés pour réaligner les segments osseux

Les semelles thermoformées sont adaptées dans un délai de sept jours, permettant une prise en charge rapide de vos douleurs. Pour les sportifs ou les patients diabétiques, des matériaux spécifiques sont sélectionnés pour répondre aux contraintes particulières de leur activité ou de leur pathologie. Il est crucial de respecter une période d'adaptation progressive de 2 semaines, en augmentant le port de 2 heures par jour, pour éviter les douleurs d'adaptation qui pourraient compromettre l'observance du traitement.

Le suivi thérapeutique fait partie intégrante du protocole de soins. Une consultation de révision est systématiquement programmée à 21 jours pour ajuster les orthèses si nécessaire et évaluer la réduction de la douleur. L'objectif thérapeutique vise une diminution d'au moins 40% sur l'échelle EVA, critère objectif de l'efficacité du traitement.

Les conseils personnalisés pour optimiser votre traitement

Au-delà de la prescription d'orthèses, le podologue vous prodigue des conseils personnalisés pour optimiser votre prise en charge. Ces recommandations concernent le choix de vos chaussures (éviter les talons supérieurs à 4,5 cm et les bouts pointus), l'entretien quotidien de vos pieds (hydratation avec une crème spécifique, séchage méticuleux entre les orteils), et la technique de coupe des ongles (strictement au carré sans entamer les coins latéraux).

Des exercices de renforcement musculaire et d'étirement peuvent également être prescrits pour compléter l'action des semelles. Ces exercices, adaptés à votre condition physique et à vos objectifs, visent à restaurer l'équilibre musculaire et à améliorer votre proprioception.

Important : Le protocole d'adaptation progressive des orthèses plantaires est essentiel pour garantir leur efficacité. Commencez par porter vos semelles 2 heures le premier jour, puis augmentez de 2 heures chaque jour jusqu'à atteindre le port continu après 14 jours. Cette progression permet à vos structures musculo-ligamentaires de s'adapter en douceur aux nouvelles contraintes biomécaniques. En cas de douleurs d'adaptation persistantes au-delà de 3 semaines, une consultation de réajustement s'impose.

L'examen podologique clinique représente bien plus qu'une simple consultation : c'est une exploration complète et scientifique de votre biomécanique, utilisant des technologies de pointe pour établir un diagnostic précis et proposer un traitement personnalisé. Cette approche globale, alliant interrogatoire approfondi, examens statiques et dynamiques, permet d'identifier l'origine réelle de vos douleurs et de mettre en place une stratégie thérapeutique efficace. Jean DIAS ALVES, fort de son expertise pluridisciplinaire, accompagne ses patients de Villejust et des environs dans cette démarche de soins, en proposant des bilans podologiques complets intégrant les dernières avancées technologiques. Si vous ressentez des douleurs aux pieds, des troubles de la marche ou souhaitez simplement réaliser un bilan préventif annuel, n'hésitez pas à prendre rendez-vous pour bénéficier d'une prise en charge adaptée à vos besoins spécifiques.