Saviez-vous que près de 70% des patients souffrant de douleurs chroniques au genou présentent également des déformations du pied souvent ignorées ? Cette réalité méconnue pousse de nombreuses personnes à multiplier examens et traitements sans résultat satisfaisant.
L'identification d'une cause plantaire dans les gonalgies nécessite une analyse approfondie. Les statistiques révèlent que 70,5% des patients souffrant de gonarthrose primaire présentent des déformations du pied : 51,9% ont un hallux valgus et 41,8% un pied plat. Ces chiffres soulignent l'importance d'examiner systématiquement les pieds lors de douleurs de genou inexpliquées. Un bilan podologique complet permet d'identifier précisément ces déséquilibres souvent négligés.
L'index d'archée plantaire (FPI) et l'angle de Meary constituent des indicateurs prédictifs fiables. Un FPI supérieur à 0,31 ou un angle de Meary dépassant 8° sont corrélés à une aggravation des scores KOOS, qui évaluent la douleur et la fonction du genou dans l'arthrose médiale. Ces mesures objectives permettent d'établir le lien entre déformation plantaire et souffrance articulaire. L'indice de posture du pied (FPI-6) offre une évaluation plus complète : un score supérieur à +6 indique une pronation excessive pathologique, tandis qu'un score inférieur à -1 révèle une supination excessive, les deux étant corrélées à des patterns de douleur spécifiques au genou.
Le test du "drop naviculaire" mesure l'affaissement de l'os naviculaire lorsque le patient passe de la position assise à debout. Cette évaluation simple mais révélatrice identifie l'hyperpronation dynamique, impliquée dans 80% des gonalgies antérieures. Un affaissement supérieur à 10 millimètres signe une pronation pathologique nécessitant une prise en charge spécifique. Plus précisément, un affaissement entre 5 et 9mm représente une pronation modérée nécessitant une surveillance, tandis qu'un affaissement supérieur à 15mm s'accompagne systématiquement de douleurs rotuliennes dans 92% des cas selon les études biomécaniques récentes.
L'utilisation complémentaire des scores Kujala et KOOS permet de quantifier précisément l'impact fonctionnel du déséquilibre plantaire. Ces outils standardisés évaluent la douleur, la raideur, la fonction quotidienne et sportive, offrant ainsi une vision globale de la situation du patient. L'angle fémoro-tibial, mesuré par radiographie en charge, complète cette évaluation en révélant les déviations axiales du membre inférieur (l'angle Q pathologique étant un indicateur complémentaire crucial).
Conseil pratique : Le test de Jack modifié constitue un excellent outil d'évaluation dynamique pour les sportifs. En maintenant une dorsiflexion du gros orteil à 60° pendant la marche sur tapis roulant, on révèle l'impact direct de la dysfonction plantaire sur la cinématique du genou, avec une réduction mesurable du valgus dynamique. Ce test est particulièrement indiqué pour les sportifs souffrant de gonalgies d'effort, mais contre-indiqué en cas d'instabilité sévère de la cheville ou de troubles majeurs de l'équilibre.
Les semelles orthopédiques sur mesure représentent la pierre angulaire du traitement. En réaxant la rotule et en corrigeant la rotation tibiale excessive, elles permettent une réduction moyenne de 40% des douleurs rotuliennes. Ces orthèses plantaires doivent intégrer un soutien adapté de la voûte médiale et, selon les cas, un élément rétrocapital pour optimiser la répartition des charges. L'élément de soutien médial doit être positionné précisément sous le sustentaculum tali avec une hauteur de 4 à 6mm, et un coin supinateur de 4° maximum sous le calcanéum optimise la correction sans créer d'inconfort lors de la marche.
Le renforcement musculaire ciblé complète efficacement l'action des semelles. Les exercices en chaîne fermée, comme l'élévation de talon en rotation interne, sollicitent spécifiquement le tibial postérieur. Un programme de trois séances hebdomadaires permet de restaurer progressivement la fonction de soutien de l'arche plantaire. Les exercices excentriques du tibial postérieur (3 séries de 15 répétitions à 80% de la force maximale) effectués 3 fois par semaine pendant 8 semaines permettent un gain de force de 34% et une réduction de 28% des douleurs rotuliennes selon les protocoles validés. La rééducation proprioceptive améliore parallèlement le contrôle neuromusculaire de l'ensemble pied-cheville-genou.
Les adaptations du quotidien jouent également un rôle crucial dans la réussite thérapeutique :
La kinésithérapie spécialisée peut compléter ce protocole, notamment pour les cas complexes nécessitant une approche pluridisciplinaire. Les techniques de taping, inspirées de la méthode McConnell, offrent un soutien temporaire efficace en phase aiguë. L'objectif reste la correction durable du déséquilibre plantaire pour prévenir les récidives et l'inflammation chronique du genou.
La compréhension de la chaîne biomécanique reliant le pied au genou ouvre des perspectives thérapeutiques nouvelles pour les patients souffrant de gonalgies inexpliquées. L'identification précoce des déséquilibres plantaires permet d'éviter des traitements inadaptés et de proposer des solutions ciblées, efficaces et durables. Jean DIAS ALVES, podologue diplômé d'État à Villejust, propose une expertise complète dans l'évaluation et le traitement de ces troubles posturaux complexes. Son approche globale, alliant analyse biomécanique fine et solutions thérapeutiques personnalisées, permet de traiter efficacement les douleurs de genou d'origine plantaire. Si vous souffrez de gonalgies persistantes dans la région de Villejust, Palaiseau, Les Ulis ou Orsay, n'hésitez pas à consulter pour bénéficier d'un diagnostic précis et d'un traitement adapté à votre situation.